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Il y a dix ans, Marc-Arthur Kohn, plutôt habitué aux salles des ventes qu’aux cockpits des avions, se lançait dans une grande aventure : traverser les Etats-Unis en avion. Du marteau traditionnel du commissaire-priseur, il passa rapidement au manche à balais du pilote. Objectif : relier l’océan Pacifique à l’océan Atlantique. Ce périple qui a duré trois jours, Marc-Arthur Kohn l’a réalisé avec un pilote expérimenté. Quel voyage !

En août 2009, les deux amis sont arrivés à Long Beach pour louer un biplace, un Cessna 152. Pour Marc-Arthur Kohn qui n’avait jamais réalisé un tel voyage, le pari était excitant et exaltant. Cependant, avant de se lancer dans l’aventure, il réalise quelques vols d’essai en France avec son ami. Au début un peu réticent, ces premières expériences renforcent son envie de poursuivre l’aventure.

Plusieurs années après ce voyage, Marc-Arthur Kohn nous confie ses impressions et nous livre son journal de bord. Ce fut pour lui une expérience sans pareil qui l’a durablement marqué. D’ailleurs, les souvenirs qu’il en garde sont très nets. Aujourd’hui, il aimerait recommencer une aventure telle que celle qu’il a vécu dans un autre pays.

L’origine du voyage : une plaisanterie entre amis

Cette idée de traverser les Etats-Unis en avion biplan est au départ né d’une plaisanterie entre les deux amis. Marc-Arthur Kohn qui n’a jamais réalisé de vol dans de telles conditions n’imaginer pas qu’un jour il traversera les Etats-Unis d’Amérique installé dans le cockpit d’un petit avion de tourisme. Pourtant, l’idée fait son chemin. Marc-Arthur Kohn et son ami Pierre commence dès le mois de mars à planifier leur voyage. Les deux compères projettent alors de partir au mois d’août, moment où les conditions météorologiques semblent idéales pour un tel voyage.

Pierre commence par contacter la compagnie Openairplane pour louer un Cessna 152. Puis, ils définissent ensemble un plan de vol. Marc-Arthur Kohn et Pierre décident de partir de Long Beach, en Californie pour arriver à Washinton DC.

La planification du voyage de Marc-Arthur Kohn

Une première difficulté survient alors : comment franchir les rocheuses ? Pierre pense qu’il sera nécessaire de les contourner par l’est en se dirigeant vers Albuquerque dans le Nouveau Mexique. En effet, Albuquerque se situe à l’extrémité sud de la chaîne de montagnes et en évite les parties les plus hautes. Une fois que le terrain est dégagé, il leur est donc possible de tourner vers le nord-est et de prendre la direction de Cleveland, qui se trouve sur la rive sud du lac Érié. Enfin, il leur faut tourner plus au nord-est et aller directement dans le nord de l’État de New York, pour rejoindre Ticonderoga au milieu du troisième jour.

Dans un premier temps, Pierre et Marc-Arthur Kohn sélectionnent avec beaucoup de soin les aéroports dans lesquels il leur faudrait faire escale pour se ravitailler en essence. Puis, ils passent des heures élaborer des plans de vol pour chaque aéroport et a choisir les voies aériennes.

Les deux hommes prévoient de s’arrêter une première fois à Winslow en Arizona, puis à Quincy dans l’Illinois, pour finalement atteindre Ticonderoga à New York le troisième jour.

Les semaines qui ont précédé le voyage, Pierre a passé beaucoup de temps à vérifier les prévisions météorologiques. Les deux amis ont rassemblé tout le matériel dont ils pourraient avoir besoin durant leur voyage : cartes, trousse de survie et radio satellite.

Quelques jours avant d’entamer leur périple, Pierre veut aussi se familiariser avec l’avion que la compagnie met à leur disposition. Ensemble, ils réalisent quelques heures de vol avec l’appareil.

Jour 0 – Le 4 août 2009

La veille du voyage était plutôt chargée. Pierre surveillait attentivement les prévisions météorologiques. L’Arizona et le Nouveau-Mexique étaient exceptionnellement secs. En général, la Mousson mexicaine génère des orages puissants
chaque après-midi sur le haut désert. Cependant, même le prévisionniste du National Weather Service avait, ce jour-là, du mal à contenir sa surprise en raison d’un réchauffement général des températures ce mois-là. Le voyage de Marc-Arthur Kohn et Pierre ne présentait donc aucun danger.

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Jour 1 – Le 5 août 2009

De Santa Monica à Long Beach

Le jour du grand voyage est enfin arrivé. Marc-Arthur Kohn et Pierre se sont réveillé tôt ce jour-là. En voiture ils sont allés à l’aéroport dans le plus grand enthousiasme. La météo à Santa Monica était normale pour un mois d’août : le ciel était couvert à 1000 pieds au-dessus du sol et s’étendait, à l’intérieur des terres, sur 4 à 7 km. Cette couche nuageuse apparaît au-dessus de Santa Monica et de la majeure partie de la côte presque tous les matins pendant la majeure partie de l’été.

Les deux amis ont passé des heures a préparer l’avion, a garer leur voiture, à vérifier que tout allait bien sur l’avion avec le mécanicien. Puis, tous les deux ont sauté dans le monomoteur biplace, bouclé leur ceinture de sécurité. Seulement Pierre ne trouvait plus la petite feuille de papier qu’il avait préparé et qui décrivait la procédure à suivre pour atterrir à Long Beach. Cela était de mauvaise augure pour le reste du voyage. Ils avaient passé de nombreuses semaines pour essayer de faire face à toutes les éventualités et voilà qu’il découvraient qu’il leur manquait une pièce essentielle avant même de démarrer le moteur pour la première fois. Fort heureusement, l’entreprise a pu leur faire une photocopie du précieux document.

De Long Beach à Winslow

Après avoir fait le plein et leurs affaires dans l’avion, Marc-Arthur Kohn et Pierre sont partis. A la demande du contrôle aérien, ils ont rapidement contourné le port de Long Beach, puis ont entamé un long trajet à plusieurs millier de pieds au dessus du sol. A partir de ce moment, Marc-Arthur Kohn a commencé à assurer la gestion de toutes les cartes. Il y en avait trois type à bord :

  • Les diagrammes en coupe, qui sont de grands diagrammes colorés, montrent les caractéristiques du terrain, les aéroports et identifient les repères sur le sol que vous pouvez voir par la fenêtre.
  • Les cartes IFR couvrent la même zone géographique, mais ne contiennent que les informations utiles pour la navigation par instruments. Ces graphiques mettent en évidence les balises de navigation radio et les itinéraires publiés entre les points, mais ne sont pas encombrés d’informations sur ce que vous pourriez voir par la fenêtre.
  • Les cartes d’approche contiennent des documents décrivant la procédure détaillée pour atterrir à un aéroport sans autre référence que vos instruments.

Quand il n’était pas occupé à regarder des graphiques, Marc-Arthur Kohn a également pris des photos. Une heure ou deux après le voyage, nous avons traversé le fleuve Colorado, ce qui est difficile à manquer – une bande de terre luxuriante, verte et fertile, qui parait déconcertante dans un désert très étendu.

Bientôt, ils sont passé par Sedona. Le paysage était à couper le souffle. Marc-Arthur Kohn et Pierre se sont arrêté quelques heures pour avoir le plaisir de nager dans cette ville de l’Arizona. Pierre n’avait cependant pas beaucoup de temps pour admirer le paysage, car il était préoccupé par leur atterrissage à Winslow.

L’atterrissage à Winslow

Ils se renseignaient sur la météo chaque jours. A Winslow, le vent semblait se lever tous les jours vers 13h30. Or, ce phénomène rend difficile un atterrissage en douceur. Heureusement, ils sont arrivé juste à temps, il n’y avait quasiment pas de vent. Ils se sont alignés sur l’une des pistes de Winslow et ont commencé leur descente. L’atterrissage a été stressant car Pierre avait du mal à savoir si les roues étaient au sol. Cependant, comme prévu, l’avion a continué à rouler et rouler sur quelques milliers de mètres avant de finalement s’arrêter. Juste avant le toucher, le GPS indiquait notre vitesse sol à environ 185km / h. Ils se sont rendu aux pompes à essence en libre service et ont rempli les réservoirs à moitié vides.

De Winslow à Albuquerque

Le plan initial de Marc-Arthur Kohn et de Pierre était de passer de Winslow à Liberal, dans le Kansas. Cependant, une rapide vérification des données météorologique à Winslow a révélé que quelques orages isolés commençaient à se développer à l’est d’Albuquerque, couvrant exactement le trajet qu’ils avaient prévu entre Albuquerque et Liberal. Ils ont attendu environ 3 heures à Winslow, en espérant que la tempête passerait.

Avec le recul, Pierre pense qu’ils ont été trop prudent. Les tempêtes étaient isolées et il aurait été facile de contourner ces perturbations météorologiques. A l’époque, il n’était cependant pas assez confiant pour prendre un tel risque. Après tout, c’était la première fois qu’il volait aux Etats-Unis et, qui plus est, à proximité des Rocheuses, où les possibilités de déviations sont plus limitées en raison du relief élevé.

La route de Winslow à Albuquerque était toutefois dégagée de toute tempête. Vers 16 heures, Ils ont décidé de se rendre à Albuquerque et de réévaluer la situation.

Les deux ami ont pris position sur la piste pour atteindre la puissance maximale avant de relâcher les freins. L’avion décolla sans difficulté et s’éleva toujours plus haut dans les airs. Le voyage à Albuquerque fut été court mais très cahoteux. Pierre et Marc-Arthur avaient été prévenu que leur voyage à travers le désert serait marqué par des turbulences durant l’après-midi. Cependant, ils n’avaient pas prévu que ce serait aussi épuisant.

Jour 2 – Le 6 août 2009

D’Albuquerque à Dodge City

Le lendemain, Pierre et Marc-Arthur Kohn décident de partir le plus tôt possible, alors que l’air est encore frais, et de planifier un trajet court afin d’alléger la charge. Deux conditions nécessaires pour décoller facilement. Le lendemain, j’ai résolu de résoudre les problèmes de la veille. Les deux amis ont donc décidé de faire escale à Dodge City.

Leur voyage dans les Rocheuses s’est déroulé à merveille, sans perturbation météorologique. Pierre et Marc-Arthur Kohn étaient ravis de pouvoir admirer un paysage aussi fantastique. En 2 heures, les Rocheuses ont cédé la place au Kansas et aux grandes plaines. Minute par minute, ils pouvaient observer le terrain se réduire de plus en plus bas sous eux. Avant de même de s’en rendre compte, il était temps d’atterrir à Dodge City.

Peu après avoir atterri, Pierre s’est rendu compte que la radio n°1 ne fonctionnait plus. Un fusible avait sauté, il fallait donc le remplacer. Seulement, le magasin d’avionique le plus proche se trouvait à Wichita, à 200 km! Comment pouvaient-ils se rendre à Wichita avec des nuages dans le ciel et une seule radio en état de marche ?

De Dodge City a Wichita

Après mûre réflexion, Pierre et Marc-Arthur Kohn décident de repartir, bien que quelques nuages épais avaient fait leur apparition. Après tout, le GPS, qui constituait leur principale source de navigation, fonctionnait toujours. Par ailleurs, la radio n°2 fonctionnait toujours. Après avoir atterri à Wichita, les deux compères ont pu faire réparer leur radio en 45 minutes.

Bien que la radio était réparée, Pierre et Marc-Arthur sont restés un peu tendus, il ne leur restait que quelques heures de luminosité avant que le soleil ne se couche. Leur première idée était de poursuivre un troisième vol pour aller à Indianapolis mais, en raison de perturbations météorologiques, ils ont décidé d’atterrir à Saint Louis, dans le Missouri.

De Wichita à Saint Louis

Ce fut un vol merveilleux . Ils étaient dans les airs à 18 heures. Puisqu’ils volaient beaucoup plus bas ils pouvaient parcourir beaucoup plus de kilomètres. Le ciel était dégagé, leur radio fonctionnait et leur moral était au beau fixe.

Au moment où ils se sont rapprochés de St. Louis, ils se sont rapidement rapprochés du front froid et du mauvais temps qui l’accompagnait. Plus ils allaient vers l’est, plus le temps se détériorerait. Notre destination prévue de St. Louis International signalait une faible visibilité et de faibles pluies. Or, 32km plus près d’eux (à l’ouest de l’aéroport international), le plus petit des aéroports de Spirit of St. Louis semblait beaucoup plus prometteur. Sous le contrôle des opérateurs aériens, ils ont commencé une lente descente vers le SUS et se sont retrouvés pris en sandwich entre deux couches de nuages solides.

Lors d’un moment magique, Pierre et Marc-Arthur Kohn ont pu observer le plus beau couché de soleil de leur vie. Tout simplement magnifique ! Ils sont sorti des nuages aux alentours de 19h. À cette heure-là, il faisait noir et une fine brume réduisait encore la visibilité. Pour couronner un vol merveilleux,Pierre a effectué un atterrissage magnifique.

Jour 3 – Le 7 août 2009

De Saint-Louis à Mansfield

Le lendemain matin, Pierre et Marc-Arthur Kohn sont arrivés à l’aéroport vers 9 heures. Vers 11 heures, les conditions météorologiques se sont considérablement améliorées. La région de Saint-Louis était presque dégagée et les aéroports situés le long de notre route affichaient un ciel semi-dégagé. Le front de la tempête s’était déplacé suffisamment vers l’est pour qu’ils puissent se rendre en toute sécurité jusqu’à Mansfield, dans l’Ohio.

Le voyage s’est déroulé plus ou moins sans incident, sauf que la menace des orages était redevenue réelle. Un front énorme enveloppait la côte est et leur atterrissage était prévu juste à l’ouest de celle-ci. Au début de leur descente, ils étaient dans des zones de cumulus très cahoteuses. Les conditions de vol n’étaient pas aisées. Heureusement, les deux amis ont pu atterrir sans encombre.

De Mansfield à Ticonderoga

Ce vol était l’un des plus excitant. Marc-Arthur Kohn et Pierre ont déjeuné à Mansfield où ils ont fait le plein. Ensuite, ils ont essayé de comprendre ce qu’il fallait faire. Le front de tempête qu’il voulait évité s’était déplacé plus à l’est, mais il pleuvait toujours à Ticonderoga.

Deux heures plus tard, ils ont réévalué la situation. Le front courbait vers le nord-est, il semblait donc qu’ils pouvaient le contourner. Syracuse, dans l’État de New York, se trouvait à peu près à mi-chemin de Ticonderoga et semblait être une solution de rechange très sûre. Dans le pire des cas, ils pouvaient atterrir et passer la nuit à Syracuse avant de terminer la dernière heure de vol le lendemain.

Pendant une heure environ, les conditions de vol furent merveilleuses car un fort vent les propulsait. Seulement, ils ont rapidement été enveloppés par les nuages et, à mesure que le soleil se couchait, ils perdaient en visibilité. Les deux amis commencèrent alors a être nerveux : il faisait trop sombre pour voir les tempêtes et ils avaient des difficultés à contacter le contrôle aérien.

Après de longues minutes les choses se sont arrangées. Hors des nuages et guidés par des professionnels, ils pouvaient de nouveau clairement voir les lumières sur le sol. Marc-Arthur Kohn et Pierre ne parvenaient pas croire qu’ils étaient si proches de leur objectif.

Le terminus

En arrivant à l’aéroport de Ticonderoga, Pierre et Marc-Arthur Kohn ont eu le plaisir de décourvrir la plus belle, la plus parfaite et la plus fantastique piste de l’histoire de l’aviation. Ils ont procédé à l’approche, en descendant jusqu’à ce que leur avion atteigne l’altitude minimale.

Il est assez difficile pour les deux amis de décrire ce qu’ils ont ressenti au moment de l’atterrissage. Cette expérience avait semblé plus grande que nature et ils rêvaient d’atterrir sur cet aéroport depuis si longtemps … il leur paraissait presque irréel d’être réellement là .

Aerolucy

Catégories : avion

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