Quatrième étape : Agades, N’Djaména, 5 heures de vol
Nous décollons avec un temps médiocre et toujours cette brume sèche. Le niveau 120 cependant, nous offre une fraîcheur bien méritée. Du sable, du sable et encore du sable… Nous découvrons Zinder, ville du désert, qui n’avait pour nous seulement l’attrait de posséder une balise Radio-compas.
La brume se dissipe et laisse voir au loin le lac Tchad. Étrange, ce lac plein de bancs de sable dans sa partie nord, et dont les îles deviennent de plus en plus vertes au fur et à mesure que l’on va vers le sud. Nous ne pouvons évidemment pas résister, et nous descendons voir d’un peu plus près la faune et la flore. Après deux jours de désert, dont les seules variantes étaient les nuances de couleurs allant du jaune à l’ocre, nos yeux sont émerveillés par tant de verdeur et par une telle variété d’oiseaux. Nous « sautons » quelques pirogues, et découvrons les premiers villages, tous de forme ronde, avec des épineux plantés sur le pourtour, afin de défendre les animaux domestiques des prédateurs locaux. C’est assez déroutant de découvrir un pays et sa civilisation en le survolant.
Nous poursuivons sur N’Djaména où nous nous parquons près de la caravelle présidentielle « la Baraka ». Œil soupçonneux des policiers qui disent ne pas avoir d’autorisation de survol pour nous, alors que nous leur en montrons les doubles… Nous découvrons avec joie qu’ailleurs aussi le courrier ne suit pas toujours. Nous quittons ainsi rapidement nos cerbères pour nous réfugier dans le giron de l’aéro-club qui nous accueille à bras ouverts et nous apprend l’attentat du matin… Ceci explique donc cela. L’endroit nous plait, les gens sont sympathiques, l’hôtel possède une piscine… Ces quelques arguments nous décident à faire une pause et à consacrer une journée ou deux à notre culture. Au cours d’une nuit agitée, nous faisons la connaissance du commandant de l’aérodrome de N’Djaména.

Les éléphants sont légions dans cette région
La faune et la flore du Tchad
Nous décidons de monter pour le lendemain une expédition aérienne avec lui pour chercher des éléphants. Le capitaine Fouquet part devant avec le « Régent » et un ex-pilote militaire, ancien guide de chasse. Je suis avec le « Tiara » et trois « fanas » de l’aviation.
Coup de chance ! Dix minutes après le décollage, les éléphants sont annoncés et je découvre effectivement qu’il n’y en a pas qu’au Jardin des plantes… Nous les trouvons ainsi groupés autour de quelques arbres. Ils sont une quarantaine environ, totalement indifférents aux avions. Nous prenons quelques photos et nous repartons.
L’après-midi, notre guide trouve un bateau et nous propose d’aller les voir « pédibus ». Nous remontons donc le « Chari » pendant une heure. Entre les bancs de sable et les hippopotames, on découvre une variété extraordinaire d’oiseaux de toutes les couleurs. Nous accostons sur une berge escarpée et notre guide nous fait enlever tous les habits clairs ou trop voyants. Il nous recommande aussi d’être silencieux, et nous explique qu’en cas de charge d’éléphant, il faut se débarrasser rapidement d’un vêtement et le jeter dans leur direction, cette ruse grossière permettant de gagner quelques précieuses secondes. A ces paroles les rangs se resserrent et le « zoom » en bandoulière, nous voilà partis à la queue-leu-leu…
Après deux heures de marche, nous apercevons les premières traces de vie des éléphants. Ce sera malheureusement la seule chose que nous verrons d’eux… notre déception est quand même atténuée par le spectacle de gazelles, singes, et pintades diverses. Il fait une telle chaleur que nous décidons donc de plonger dans le Chari, non sans inquiétude, notre guide ayant eu bien du mal à nous persuader de ne pas prêter attention aux trois hippopotames qui nous imitent à une dizaine de mètres.
Nous retrouvons à l’aéro-club les deux compères rencontrés à Ghardaïa. Ils sont arrivés au terme de leur voyage. A l’occasion du « lâcher » du Ministre de l’Agriculture du pays nous éclusons quelques bouteilles de « Dom Pérignon » ce qui est une manière comme une autre de lutter contre la sécheresse. Nos avions, inconnus dans cette région, excitent la curiosité des pilotes du club plus habitués aux produits américains que français. Nous n’hésitons pas à travailler pour l’exportation et faisons faire quelques tours de prise en main à ceux qui le désirent. Ils semblent surpris par les performances brillantes du Régent fait de bois et de toile… La soirée est consacrée à la dégustation de quelques spécialités locale ! Mais le voyage n’est pas fini, il nous faut partir.
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